Mendi Ederrak

Mobilité 2016: résultats, analyses et réflexions

20 Décembre 2016, 17:44pm

Publié par Peio

Samedi 17 décembre, inauguration des trois premiers bacs de compostage collectifs d’Oberhausbergen, lors de son discours, le maire précise que la proximité d’un parking a été déterminante dans le choix du lieu de compostage…

Nous avons calculé que si un citoyen se donnait la peine de composter tous ces déchets organiques, cela réduirait ses émissions C02 d'environ 3 kilos par an, soit 15 kilomètres de voiture. Autant dire que s'il utilise sa voiture pour aller composter, trier… il ferait mieux de s’abstenir ! Encore faut-il qu'il le sache...

 

Cela fait maintenant 3 ans que je m’intéresse à l’écologie, que je me remets en cause, que je change. Dans mon cheminement, j’ai essayé d’adopter des démarches rationnelles et réfléchies. J’ai écrit plusieurs fois au sujet du bilan carbone, qui est l’outil, malgré ses limites (le compostage collectif apporte des choses qui ne peuvent être mis en avant par le bilan carbone : renouer avec la Terre, le lien social, l'éco-citoyenneté, la promotion d’engrais naturel…) qui m’a permis de comprendre là où mes choix impactaient négativement sur l’écologie, et donc ce que je devais changer en priorité. Dans mon cas, je me suis aperçu que ma mobilité n’était pas durable, elle était même extrêmement destructrice. Sans négliger les autres domaines (logement, alimentation, consommation etc…), c’est sur mes déplacements que j’ai accentué mes efforts.

 

J’aimerais partager avec vous la nature de ces derniers et mes réflexions. En effet, je pense que beaucoup d’entre nous sous-estiment le fort impact environnemental de certains modes de déplacement (je pense tout particulièrement à la mobilité aérienne).  Je vais vous présenter un certain nombre de chiffres dont je peux assurer la certitude à plus ou moins 10%. Au vu de la transparence actuelle des constructeurs automobiles et aériens, de la puissance de leurs lobbys, il m’a été difficile de trouver des chiffres crédibles, j’ai fait du mieux que j’ai pu en confrontant de nombreuses sources. Je m’exercerai à comparer mes déplacements sur deux périodes : 2011 à fin 2015, et 2016.

 

New York City une ville fascinante, l’île de la Réunion, sa nature exubérante et ses montagnes volcaniques, l’Argentine, terre de contrastes, du majestueux Fitz Roy aux chutes tropicales d’Iguazu, Seville l’andalouse, Rome l’éternelle, Barcelone la catalane rebelle d'Ada Colau… J’en ai vu des choses ces dernières années. Je garde de certains voyages des souvenirs impérissables. L’amour de la montagne, la soif de découverte, d'aventure, le partage de moments privilégiés avec mes proches et la rencontre de d'autres citoyens du monde les ont motivés.

Cependant, il y a 2 ans de ça, ce même amour de la montagne, l'amour de mes proches et surtout ma bienvieillance pour leurs enfants m’ont conduit à calculer mon premier bilan carbone, à ouvrir les yeux sur ce que l'on ne m'avait jamais montré auparavant. Le travail de vulgarisation de Jean-Marc Jancovici, puis plus tard la lecture de Pierre Rabhi et bien d’autres choses m’ont amené un tout autre point de vue sur ma mobilité (et bien plus encore…), et à regretter notamment mon consumérisme excessif dans le domaine.

 

Afin de limiter mon impact environnemental, j’ai tout d’abord diminué ma mobilité. En 2016, je me suis déplacé 30% de moins que de 2011 à 2015. Non, je ne suis pas passé en home office (37% de ma mobilité pour me rendre au travail), et non, nous n’avons pas passé toutes nos vacances dans les Vosges. Je continue à travailler à Haguenau, et cette année, je suis allé en… Pays Basque, mais aussi dans le Jura, à Lisbonne ou encore à Lyon. Ce qui fait que j'ai parcouru l'équivalent du tour du globe ou encore plus de 100 km par jour! Cela me laisse pantois… Par contre, pas de vol long courrier, de court séjour lointain, optimisation des vacances en Pays Basque avec le mariage de ma sœur, beaucoup de sorties vélo en partant de la maison. Voilà, comment j’ai pu tout de même diminuer de près de 30% ma mobilité.

kilométrage total annuel pour me mouvoir d'un point à un autre (n'inclut pas la pratique sportive, hormis le vélotaf)

kilométrage total annuel pour me mouvoir d'un point à un autre (n'inclut pas la pratique sportive, hormis le vélotaf)

Je ne prônerai en aucun cas la non-mobilité, et je continuerai à encourager chacun à partir à la rencontre de nouvelles cultures, à échanger. Comment ne pas en être convaincu après avoir lu Pierre Rabhi, Txetx, Keny Arkana, Rob Hopkins, et bien d’autres qui ont tiré tant d’enseignements et d’inspiration de leurs voyages lointains? Plus personnellement, je m’aperçois au quotidien du clivage rural/urbain, Strasbourg/Nord de l’Alsace et de l’importance de vivre ensemble, de construire ensemble pour se comprendre. Je ne dirais pas que je travaillerai à 35km de mon domicile toute ma vie, mais j’y vois certains aspects positifs. Maintenant, au vu de la situation écologique actuelle, il serait temporairement responsable de limiter les voyages, ou les déplacements énergivores et consuméristes. 

 

Au-delà de la réduction de ma mobilité, c’est sur mes moyens de mobilité que j’ai beaucoup travaillé. De 2011 à fin 2015, l’avion représentait 46% de ma distance parcourue, la voiture 48% (dont 22% tout seul). Les autres moyens de transport ne dépassaient pas les 6% de ma distance parcourue.

En 2016 (j’avais déjà commencé mes efforts en 2015), j’ai travaillé sur ma mobilité au quotidien. Pour me rendre au travail, nous avons covoituré à 2 parfois même à 3. J’ai aussi pris 29 fois le vélo, pour joindre l’agréable à l’utile. Et enfin depuis un mois, j’ai sauté le pas en m’abonnant au TER et en me rendant donc au travail en train (et forcément en vélo, 80km par semaine). C’est un effort personnel conséquent, j’ai doublé mon temps de déplacement, mais l’impact environnemental est considérable. Je compte continuer en 2017 (et lire de nouveaux livres, c’est le gros avantage).

 

Mobilité 2016: résultats, analyses et réflexions

Au quotidien, j’effectue tous mes trajets courts (inférieurs à 8km) à vélo, et prend les transports en commun quand je suis fatigué ou accompagné. Sur mes déplacements nationaux (encore 3 vols courts courriers en 2016), je privilégie de plus en plus le train, quitte à passer une journée entière comme je ferai le 31 décembre. Là aussi, c’est l’impact environnemental qui motive mon choix (NB : j’ai bien conscience que le TGV est nourri au nucléaire). Il en résulte qu’en 2016 les moyens de transport alternatifs à la voiture à l’avion , représentent plus de 30% de ma distance parcourue. Je n’ai parcouru « que » 3 000 kilomètres seul dans ma voiture.

Mobilité 2016: résultats, analyses et réflexionsMobilité 2016: résultats, analyses et réflexions

Ces efforts de mobilité m’ont permis de réduire mes émissions de CO2 de plus de 60% (alors que j’ai réduit ma mobilité de 30% « seulement »). A l’aide des quelques graphes suivants, j’aimerais mettre en lumière le fort impact de la voiture (notamment seul), et surtout de l’avion sur l’environnement. Si la voiture est aujourd’hui vue comme une source de pollution par la plupart d’entre nous, l’avion (grand absent de la COP21, et dont le trafic est en hausse exponentielle) associé aux voyages lointains et exotiques, à la découverte d’autres cultures bénéficie d’une image beaucoup moins noire sur le plan environnemental. C’est une des principales raisons qui motive mon témoignage.

Mode de transport, kg de CO2 par km
Mode de transport, kg de CO2 par km

Mode de transport, kg de CO2 par km

Mais pourquoi faire tous ces efforts? Oui, la plupart se le demande peut-être encore.

Nous vivons dans une société basée sur la croissance économique , qui ne prend pas en compte les ressources limitées de notre planète. Nos pays dits "développés" ont construit des modèles non durables, où nous sommes constamment incités à consommer. Nous avons foi dans le progrès, mais force est de constater que nous sommes face au mur, et qu'il serait irresponsable d'attendre tout de celui-ci (c'est malheureusement le progrès qui a fortement contribué à la situation actuelle). Dans ce graphe final, vous verrez la part d'émission carbone réservée à chaque humain si nous voulons préserver la vie sur Terre (mobilité mais aussi logement, consommation, alimentation...). En France, au vu des infrastructures et des modes de vie établis, pour vivre durablement, il faudrait vivre en marge.

L'extinction de l'humanité est devenue une menace probable à une horizon 70/100 ans. Nous vivons dans des zones tempérées et ne sommes pas au premier plan. Mais déjà aujourd'hui, des catastrophes naturelles toujours plus nombreuses, plus fortes nous rappellent que nous ne sommes pas à l'abri. C'est nos frères les plus pauvres qui en payent les frais.

mes emissions carbone relatives au transport, vs les émissions carbones totales allouées à chaque terrien. Kg de CO2

mes emissions carbone relatives au transport, vs les émissions carbones totales allouées à chaque terrien. Kg de CO2

C'est avec beaucoup d'humilité que je partage mes efforts. Bien que j'en sois fier, je ne suis pas satisfait de mes résultats, et de manière globale de mon impact sur l'environnement. Je ne suis toujours pas un champion de la mobilité, mais je pense avoir pris conscience de mes incohérences.

Si je suis conscient que la responsabilité individuelle est fondamentale, j'ai aussi la certitude que sans une "convergence des consciences", nous foncerons encore plus vite dans le mur. Aussi, je vous demanderais de partager mon témoignage à tous ceux qui n'ont pas conscience de leur responsabilité, de leur impact.

Une bouteille à la mer

25 Novembre 2016, 17:51pm

Publié par Peio

Il y a quelques semaines de cela, j'assistai à l'avant-première du film "Qu'est ce qu'on attend?" de Marie-Monique Robin. Dans le public, des têtes, déjà croisées sur des manifestations, des salons ou autres événements me revinrent. Le documentaire présentait la vie démocratique d'Ungersheim, un village en transition réuni autour de son maire charismatique, M. Mensch.

Nous n'avons pas appris grand chose de nouveau, mais à la fin du film, nous nous sommes tous levés pour rendre hommage au travail de Mme Robin. Rassasiés d'énergie et d'espoir, nous étions comblés. Suite à la projection, j'ai prolongé la soirée en participant au débat organisé par les associations locales. Le débat fut très consensuel mais beaucoup d'interventions étaient pertinentes et intéressantes. Je suis rentré à la maison plein d'espoir, la tête dans les étoiles. Puis j'ai fait de beaux rêves.

Le lendemain, j'ai écrit à mon petit cercle de proches pour les inviter à aller voir ce film. Mes destinataires n'y apprendraient surement rien, mais, eux aussi, applaudiraient vigoureusement à la fin du film. A la cantine, un collègue me demanda si j'avais regardé le film sur FR2, et je lui répondis que non. J'aurais pu poursuivre en disant que j'étais allé au cinéma et que j'avais regardé un film qui m'avait dynamisé, enchanté et inspiré. Je préférai qu'elle me raconta l'intrigue du film.  Quelques jours plus tard, dans l'open-space, un autre collègue m'interrogea sur ma nouvelle habitude. Depuis quelques temps, j'arrivais tous les jours en vélo. Je lui répondis brièvement que dorénavant, je venais en train, et du coup je roulais pour relier les gares. Bien évidemment, cela entraîna de nouvelles questions. "Oui, cela me prend un peu plus de temps. Mais, j'aime bien lire." Je ne m'étendis pas plus longuement sur le sujet.

Depuis, j'ai vu d'autres reportages, écouté de nouvelles analyses. J'ai continué à prendre le train pour me rendre au travail, et du coup lu d'autres livres. J'ai proposé à mes collègues de configurer l'imprimante pour que par défaut elle imprime en recto-verso, en mettant en avant les économies engendrées pour l'entreprise. Par contre, mes rêves se raréfiaient. Et trop souvent, un cauchemar récurrent remplissait mon sommeil.

Je vivais dans un monde en péril. Je le voyais mourir sous mes yeux. A quelques kilomètres de chez moi, un beau village alsacien se faisait emporter par les eaux, des gens perdaient leurs maisons et bien des souvenirs. A des milliers de kilomètres, mes frères sénégalais perdaient tout. Le tourisme littoral qui devait les sortir de la misère, était réduit à néant par la montée de l’océan. Si les eaux montaient, les poissons se raréfiaient et la pêche était de moins en moins fructueuse. La famine se répandait. Je vivais dans une société que je ne comprenais plus. Dans ce rêve, de nombreux dirigeants politiques niaient la responsabilité de l’homme sur tous ces changements. Et les hommes vivaient dans le déni en quête du toujours plus, de sensations, de divertissement. Ceux qui parlaient de ne pas prendre à la nature plus que ce qu’elle pouvait nous donner, ceux-là même qui voulaient réduire les inégalités, partager le travail et les richesses, responsabiliser les citoyens étaient traités d'extrémistes, au mieux qualifiés de doux rêveurs irresponsables.

Dans ce monde, je faisais parti des quelques hommes qui étaient libres, de ceux qui vivaient pour se divertir. Nous n'étions pas plus de 5% à consommer 4 ou 5 fois ce que la planète pouvait nous donner, alors qu'une grande majorité vivait dans la misère et certains même mourraient de famine. Tous les matins, je me levais pour travailler ou me divertir. Mais j’étais de moins en moins à l’aise avec cela, conscient qu’on allait droit dans le mur. Les attentats, ou les catastrophes naturelles me rappelant chaque jour l’urgence. Alors, je changeais petit à petit, je me remettais en cause.

Je vivais dans un monde qui ne me comprenait plus. Bien de mes proches s'éloignaient. Je regrettais parfois d’avoir lu Pierre Rabhi , et le sentiment de responsabilité qu’il avait fait naître en moi. Je souhaitais reprendre ma vie d’avant. Mais, les attentats, les catastrophes naturelles, les morts me rappelaient chaque jour l’urgence. Ils me poussaient à accélérer mon changement. Dans certains moments de souffrance, de déchirement, je demandais à ma femme, à des proches de me prouver que j’avais tort de de vouloir changer. Je souhaitais tellement qu’ils me convainquent. Malheureusement, toujours plus de bombes retentissaient, les glaciers fondaient, et les eaux montaient.

Parce que je me sentais trop seul, je voulais amener ce que j’aimais à changer, je voulais qu’ils m’inspirent, qu’ils me poussent comme ils le faisaient avant.  Je me rappelle mes tentatives pour alerter mes proches, trop souvent vaines. Je vivais dans un monde je ne comprenais pas et qui me comprenait plus, et à leurs yeux, j’étais un moralisateur fatigant, un culpabilisateur. 

Ce matin, on m'a demandé si j'avais fait de beaux rêves. J'ai répondu que je ne m'en souvenais plus. Et puis, j'ai décidé de jeter une bouteille à la mer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Opor zorigarriak

15 Octobre 2016, 14:37pm

Publié par Peio

Abuztuan, bi aste pasatu genituen Euskal herrian zehar. Xiberoa, behe-nafaroa, Nafaroa, eta Gipuzkoan. Herri ezberdinak eta berdinak... Hizkuntza dezberdinak eta hizkuntza bat: euskal batua. Nere euskarak hobetzen jarraitzen du eta gauzak kambiatzen du.

Lehen bi egunak, Xiberoan pasatu genituen. Nere hotel gogokoenan lo egiten genuen. Noski, Etchemaite zen, Larrainean. Xiberoa nere probintzia gogokoena da. Hau onena da bizikletaz joateko eta mendietan ibiliko. Lepoak oso famatuak dira. Eta nire gogokoena, Uthurzehetako-Lepoa. Lepo berri bat deskubritu dut: Bosmendietan lepoa. Oso polita, oso gustora!

Bosmendietan

Bosmendietan

Auretxurekin Irati basoetan ibili ginen. Euskal mendiak baliatu genituen. Ikuspegia miretsi genuen Ahunamendik Errozetara. Oso zorionekoak ginen eguraldiarekin.

Auretxu, lore bat eta Ori... Edertasuna

Auretxu, lore bat eta Ori... Edertasuna

Xiberoa, euskal bihotza.Xiberoa, euskal bihotza.
Xiberoa, euskal bihotza.

Xiberoa, euskal bihotza.

Opor zorigarriak

Gero Saran egon ginen. Mendiak txikiagoak dira baino oso politak ere. Bizikletarekin baliatu nuen, eta behe-nafaroan itzuli nintzen. Baigorri berriz ikusi nahi nuen. Arranomendiko igoera ibili ginen - Itsasotik. Oso oso polita zen!

Arranomendi... Lapurdia polita da ere!

Arranomendi... Lapurdia polita da ere!

Artzamendi

Artzamendi

Gero aste bat pasatu genuen Hegoaldean. Asko gozatu genuen. Asko euskaldunak topatu genituen, eta asko euskara hitz egin nuen. Eta Auretxu ere, pixka bat. Oso pozten nintzen. Orion lo egiten ginen, Nekaturen extean. Bikain zen. Maite eta bere familia oso jatorrak ziren.

Bai, bai, ondo pasatu dugu!

Bai, bai, ondo pasatu dugu!

Oriokoak arraunzaleak dira! Eta gure lehen arrauneko lasterketa ikusi genuen Zarrautzen. 

Arraun... AUPA ORIO!!!Arraun... AUPA ORIO!!!

Arraun... AUPA ORIO!!!

Nere laguna eta lankidea Esther ikusi genuen Azkoitian. Bestak egon ziren. Estheren familia oso jatorra da. Eta beti bezala une izugarri bat genuen elkarrekin.

Azkoitiako bestak! Erraldoiak eta txikiak!Azkoitiako bestak! Erraldoiak eta txikiak!
Azkoitiako bestak! Erraldoiak eta txikiak!

Azkoitiako bestak! Erraldoiak eta txikiak!

Arratsalde bat lagunekin
Arratsalde bat lagunekin
Arratsalde bat lagunekin

Arratsalde bat lagunekin

Zumaia deskrubitu genuen ere. Ikusgarria. Hegoaldeko euskal kostaldea oso ederra da.

Zumaia. Ikusgarria.

Zumaia. Ikusgarria.

Nere lehen testua euskaraz idatzi dut. Oso pozten naiz. Opor hauek euskaraz bizi nintzen, eta testu honetan euskaraz idatzi nahi nuen!

Gero arte!

Peio

Egia da!

Egia da!

Lettre ouverte à Elise Lucet

23 Août 2016, 18:58pm

Publié par Peio

"C'est de la faute de la gauche...

C'est de la faute des arabes...

C'est de la faute de tous ces fainéants qu'on paye à rien foutre...

C'est la faute des pays du Golfe et aux Russes...

C'est de la faute des riches...

C'est de la faute des multi-nationales...

C'est de la faute du gouvernement...

C'est la faute au marketing et à la pub...

C'est la faute aux chinois...

C'est la faute à l'Europe...

C'est de la faute à ces connards de banquiers...

C'est la faute du patronat...

C'est la faute à internet...

C'est la faute aux nantis...

C'est la faute aux footballeurs...

C'est la faute à la CGT et à FO...

C'est la faute à DAESH...

C'est la faute aux pays pollueurs...

C'est la faute aux américains...

C'est la faute à Hollande...

C'est la faute aux paradis fiscaux...

C'est la faute aux agriculteurs...

C'est la faute aux médias, à BFM TV..."

"Mais, nous la classe moyenne* qui payons les pots cassés, nous les ouvriers qui nous faisons exploités, nous le petit patronat, les entrepreneurs qui prenons des risques sans être récompensés, nous les gens issus de l'immigration qui faisons le sale boulot dont les autres ne veulent pas, nous les fonctionnaires qui n'avons pas été augmenté depuis des années, nous les cadres de grandes entreprises qui portons la croissance française et qui dynamisons ce pays de mous, nous les docteurs les moins bien rémunérés de l'UE, CE N'EST PAS DE NOTRE FAUTE."

"Et moi qui paye mes impôts, moi qui aurait pu partir vivre à l'étranger pour gagner deux fois plus, moi qui mange bio, moi qui donne à action contre la faim, moi qui bosse 50 heures par semaine, moi qui fait du sport, moi qui aurait pu bosser dans le privé, moi qui suis au Rotary, moi qui vais à l'église, moi qui m'occupe de mes 3 enfants, moi qui bosse en 3*8, moi qui suis végan, moi qui ait gagné tout ce que j'ai avec ma sueur, C'EST ENCORE MOINS DE MA FAUTE. Si tout le monde vivait comme moi, on ne serait pas dans un tel bordel."

"Tout ce que je fais et même tout ce que je pourrais faire, qu'est ce que cela pèse? Je ne suis qu'un pion, je n'ai pas de pouvoir. Et puis ma goutte d'eau n'éteindra pas l'incendie*. D'ailleurs, il est sans doute trop tard. Si on veut remettre de l'ordre, c'est à nos dirigeants politiques et économiques de prendre leurs responsabilités, n'est ce pas eux qui ont le pouvoir et les moyens?"

(...)

Chère Elise,

Je ne sais pas ce qui me désespère le plus: tes excellents reportages, je n'en loupe pas un, ou bien l'irresponsabilité individuelle et le déni de mes concitoyens.

Loin de nier toutes les incohérences, les injustices et les vis de notre société, j'aimerais aujourd'hui m'attarder sur ma responsabilité. Je vis dans une société qui est loin d'être parfaite, mais je pense pouvoir dire que je suis libre. Contrairement à beaucoup de mes frères dont on ne parle que trop peu, tous les jours, je fais des choix.

Je choisis ce que je mange, si depuis 2 ans, je fais une bonne partie de mes courses dans un magasin bio qui produit en partie ses légumes à la vente, je continue à acheter bien des produits en grande surface, et des denrées provenant de l'autre bout du monde.

Je choisis de travailler pour une grande firme multi-nationale qui affiche un objectif de croissance économique élevé pour rembourser au plus vite ses créanciers (endettement qui succède à l'acquisition d'un groupe plus gros qu'elle). Ses projets sur la mobilité de demain sont à mes yeux trop timides. Il m'arrive bien souvent de regretter des orientations stratégiques de mon employeur.

En parlant de mobilité, j'ai choisi d'habiter à 30km de mon lieu de travail et de devoir utiliser plus que régulièrement la voiture qui compte pour plus de 50% de mes trajets.

J'ai fait le choix d'être propriétaire et de m'endetter pour de longues années. J'ai choisi la banque qui m'a offert le meilleur taux. En ce moment même, je la mets en concurrence. Mon choix sera purement financier. Inutile de te dire que je ne prendrai pas en compte des critères comme la politique d'investissement ou la responsabilité sociale.

Je pourrais aussi choisir pour qui je vote, mais cela fait quelques années que je ne me suis pas donné la peine d'aller aux urnes. Et si aujourd'hui aucun candidat et aucun parti ne convainquent réellement, j'ai choisi de ne pas m'impliquer dans la vie politique.

Tu vois Elise, je suis un peu comme les patrons et les politiciens sur qui tu enquêtes. Entre ce que je pense, ce que j'affiche, et ce que je fais réellement, il y a parfois un gouffre. Beaucoup me présenteront comme un donneur de leçons, un vélotafeur/covoitureur acharné, un écolo...

Mais une simple investigation, et tu ne ferais qu'une bouchée de moi! J'imagine déjà la scène: "Peio, vous vous faites passer pour un écologiste, mais vous n'êtes qu'un menteur, un imposteur! Nous avons épluché vos relevés de banques, vos fiches de paie, vos tickets de course..." Pour ma défense, je te répondrais en plagiant Pierre Rabbhi: "Mme Lucet, les situations de cohérence entre mes aspirations profondes et mes comportements sont limitées, je dois bien le confesser. Mme Lucet, je suis contraint de composer avec la réalité. Mais humblement, j'essaie d’œuvrer pour que les choses évoluent vers la cohérence, et que l’incohérence ne soit plus considérée comme la norme, encore moins comme une fatalité’’.

Elise, tu me fais trembler

Elise, tu me fais trembler

Et, imagine toi un instant Sarkozy, Hollande et Bayrou devant leurs écrans de télévision:

"- Les gars qu'est ce que vous voulez qu'on fasse avec des citoyens pareils?

- Mate son compte twitter à celui-là, le mec se dit décroissant, et il est gras comme un cochon.

- Il a des idées quand même le jeune. J'aimerais bien qu'on leur vende autres choses que de l'insécurité, de l'identité nationale en 2017...

-Arrête avec cela François, ils sont pas prêts au changement! Et on ne peut faire autrement que de foncer dans le mur!"

Elise, on veut du jambon rose et surtout pas cher. On veut du vin de Bordeaux, ou de Bourgogne, on s'en fout de ce qu'il y a à l'intérieur, tant qu’on épate les copains le samedi soir. On veut de l'énergie pas chère, on fermera les yeux sur comment on se la procure. On veut continuer à regarder jouer Lionel Messi, alors ne le faites pas emprisonner. On veut du spectacle et plus de sport à la télé. On veut bien regarder Cash Investigation tant que tu ne soulèveras pas les vraies questions, tu ne nous mettras pas devant nos responsabilités, que tu resteras sur ce créneau sensationnel qui nous plait tant. On veut continuer à se divertir, à positiver et à vivre nos rêves. On veut toujours plus, et pas cher.

Elise, on vit dans une démocratie, nous sommes libres et très fiers de notre pays, ne l'as tu pas lu sur les réseaux sociaux après les attentats?! On a ce qu'on mérite, ce que l'on veut.

Je ne fais pas partie de ceux qui disent "nous ne sommes que des pions du système". Elise, si tu veux changer les choses tu devrais peut être commencer par la base, et non pas par nos leaders politiques et économiques qui sont avant tous nos REPRESENTANTS (n'en déplaise à beaucoup...).

"Sois le changement que tu veux voir dans le monde", disait Gandhi. Encore faut il le définir ce changement! Savoir ce que l'on est réellement prêt à accepter. Sortir du déni, se mettre en quête de vérité, et surtout garder les yeux ouverts quand cela nous concerne personnellement. Alors naît une volonté de compréhension, d'analyse les racines des maux de notre société. Puis inévitablement, une remise en cause individuelle... On sent la nécessité de changer vite. Mais pour moi et pour beaucoup Elise, le changement est un chemin long et difficile. Bien des repères s'ébranlent, et il faut trouver du courage pour persévérer.

Dôme de neige des Ecrins, l'ivresse de la haute montagne

15 Juillet 2016, 17:55pm

Publié par Peio

Je ne vais pas vous raconter cette course. Oui, j'aurais pu vous raconter mes émotions, mes premiers pas sur un glacier avec des crampons. Je pourrais, une fois de plus, vous dire à quel point la montagne est belle. Les photos ci-dessous en attesteront.

Mais, je n'ai pas trop le coeur à cela. En ce moment, je me pose beaucoup de questions sur le sport qui m'a façonné, et qui occupe une place trop importante dans ma vie.

Les premiers efforts, sentir son cœur battre à rompre, les jambes qui brûlent. Le goût qu’ils donnent à l’eau. Découvrir son corps. Goûter à l’endorphine. Se laisser aller. Le premier marathon. Se dépasser, les frissons sur la ligne d’arrivée. L’euphorie. Le sentiment d’accomplissement. S’entraîner, s’affuter. Nager. Courir. Rouler. Skater. Secréter plus d’endorphines. S’entraîner plus, se fixer des objectifs. S’oublier dans l’effort. Tout oublier dans l’effort. Grimper le Ventoux, L’alpe d’Huez, le Tourmalet, le Galibier. Du mental. Devenir addict . Grimper plus vite. S’ouvrir le capot. Voir en noir et blanc. Du mental. Idolâtrer des marchands de rêves et des facilitateurs de croissance. Des baskets. Un cuissard à 180 euros. Une montre, un gps, un altimètre. Strava et la chasse aux KOMs. Se faire plaisir, céder : un vélo en carbone, et des roues à 2000 euros. Faire plus de courses. Plus dures, plus longues. Abandonner. Recommencer. Ne pas abandonner. Du mental. Faire de la douleur son ami. Passer la nuit à courir dehors. Du mental. Passer deux nuits à courir dehors. Plus. Plus. Plus. Devenir une machine. S’inscrire au tirage au sort pour Zegama. Chasser les points pour faire le tour du Mont Blanc. Se frustrer. Monter à 3000, du gasoil, une membrane. S’émerveiller. Monter à 4000, du gasoil, des crampons, une doudoune. Se sentir infiniment petit. Se griser. Monter à 5000, du kérosène, une photo de profil facebook collector. Monter à 6000, du kérosène, des sous et des sherpas. Monter à 7000, s’élever au dessus de la misère, attention, penser au cercueil. Se sentir vivant. Vivre. Ne pas avoir de regret. Assouvir ses envies. Rêver, toujours, encore. Réaliser ses rêves. Un par un. Quoi que ça coûte. On a qu’une vie. Vivre. Rêver plus grand. Se blaser. Se frustrer. Assouvir ses envies. Vivre à 1000 à l’heure. Ne pas penser à demain. Profiter de l’instant présent. Communier avec la montagne, choisir son chemin, se sentir libre. Jouir. Plus haut, plus loin, plus exotique, plus difficile, plus beau. Plus de risques. Plus. Plus. Plus. S’élever au dessus de la morosité, des problèmes sociaux et du laid. Sentir le temps suspendre son vol au lever du soleil sur une ligne de crêtes. Sentir le temps nous manquer. Courir. Pas de place pour la tranquillité, pour la routine. Ne pas revenir sur ses pas. Prendre tout ce qu’il y a à prendre. Tout. Ne pas laisser une miette. Ne pas penser à demain. Ne pas perdre de temps à critiquer, ou s’indigner. Positiver. Quand ce n’est pas beau, s’élever. Poster la bonne photo, écrire le statut qui va interpeler. Vendre du rêve. Un maximum de likes. Donner l’envie à ses proches. Faire crever d’envie. Ne plus avoir de frontières entre projet de vie, loisirs et consommation.

Une vie à la quête de sensations, une vie de contemplation, une vie de défi, une vie à la conquête de l’inutile. Une vie à positiver et s’émerveiller. De la liberté, des choix. Une vie où orgasmes et frustrations se succèdent sans cesse. Une vie sans réflexion et compassion. Une vie de consommation, sans construction. Une vie de mouton. Une vie à meurtrir la nature, malgré la proximité. Une vie de drogué. Une vie d’ignorance et de déni.

Dôme de neige des Ecrins, l'ivresse de la haute montagne
Massif du Mont Blanc

Massif du Mont Blanc

Dôme de neige des Ecrins, l'ivresse de la haute montagne
Photo de profil pour Facebook

Photo de profil pour Facebook

Ma sherpa, Claire!

Ma sherpa, Claire!

Photo de couverture?

Photo de couverture?

Dôme de neige des Ecrins, l'ivresse de la haute montagne
Pelvoux

Pelvoux

Tu me trouves pessimiste, hein... Ne t'inquiète pas!

De l'égologisme à l'écologisme, le fric.

30 Janvier 2016, 12:02pm

Publié par Peio

L'argent... un sujet qui dérange. Le monde de la finance est montré du doigt, haï. Dans le cadre des élections présidentielles de 2012, deux phrases de François Hollande resteront dans les anales : "mon véritable adversaire, c'est le monde de la finance", "Je n'aime pas les riches". Judicieusement placées, elles auront contribué à son élection. Rassurez vous, François n'est pas haineux pour autant. Une fois élu, il nommera un certain Macron (ex banquier chez Rotschild, autant dire qu'il ne finançait pas la transition écologique ou des projets solidaires...)... à l'économie!

Pourquoi ce foutu fric? Initialement, l'argent est le fruit d'un travail, d'énergie que l'on souhaite échanger contre quelque chose que d'autres ont fait. L'argent permet donc d'accéder à des choses que nous ne savons pas faire, ou que nous ne voulons pas faire. L'argent est une invention géniale, qui a vraiment contribué au progrès de la condition humaine! Je citerai Pierre Rabhi (Vers la sobriété heureuse) qui en parle mieux que moi, "L'argent, invention destinée à rationaliser le troc, noble représentation de l'effort, de l'imagination, de la créativité, de la matière utile à la vie, a été dénaturé par celui que l'on "gagne en dormant".

Le problème, c'est ce qu'on a fait de l'argent, la valeur qu'on lui a donné. Les échanges entre les humains, avec la création de frontières, de zones économiques, de différentes monnaies, de différentes systèmes monétaires et boursiers, l'avénement de la finance ont complexifié la valeur et l'utilité de l'argent. Les grandes crises financières ou crash boursiers peuvent attester de la non maîtrise de l'homme sur la monnaie, et d'un certain délire irresponsable. . Je pourrais m'étendre longuement sur tous les maux causés par la finance, sur le non sens de notre "économie", mais ce n'est pas le but de mon post.

Dans mes réflexions et mon cheminement pour une vie plus éco-responsable, et un peu plus sensée, je me suis d'abord interrogé sur ma consommation (normal en tant que bon homo-consommatus). Comment consommer mieux, de manière responsable? Mais surtout comment consommer moins (notamment en matière de transports où je pêche sérieusement)? Ce n'est que dans un second temps, que je me suis penché sur la question de l'argent, pourtant tout aussi cruciale. Je travaille et gagne bien ma vie, j'ai un pouvoir d'achat conséquent, la possibilité d'épargner et d'investir. Je me suis rendu compte qu'une partie conséquente de mon argent (donc indirectement de mon énergie) était utilisé à des fins qui n'étaient pas du tout en adéquation avec mes opinions. Je m'efforce à consommer moins et mieux, mais via mon épargne actuelle, je participe à un système financier qui est nuisible aux causes que j'essaie de défendre! J'ai de plus en plus de mal à supporter cette idée, donc je me renseigne activement pour voir comment je peux mieux utiliser mon argent. La motivation de ce post est de partager avec vous des alternatives qui ont retenu mon attention, et vous inviter à participer à faire vivre ces projets, nouveaux systèmes, plein de bon sens et qui ont besoin de vous pour vivre.

Je vais commencer par les monnaies locales, qui ont d'ailleurs, très bien été présentées dans le film Demain. Personnellement, j'ai entendu parler de la première fois des monnaies locales avec l'Eusko en Pays Basque Nord, pionnière. Aujourd'hui, à Strasbourg, je compte bien participer à l'essor du Stück! ll coexiste aujourd'hui en France une quinzaine de monnaies locales (il y en aussi à Toulouse, Chambéry, Bordeaux, Brest...). Et une dizaine d'autres sont en projet. Pour beaucoup, aujourd'hui, les monnaies locales, c'est pour les bobos, c'est bien farfelu, à quoi ça sert d'échanger nos euros contre des Euskos ou des Stücks?

C'est tout simplement une alternative pour apprendre à ré approprier la monnaie, à ré inventer une économie non spéculative et résiliente (aujourd'hui, 3% seulement des flux financiers de l'euro soutiennent l'économie réelle, le reste n'est que spéculation), consommer local, éco-responsable et éthique, dynamiser l'économie locale et solidaire, enfin cela est un moyen indéniable de lutter contre la fraude fiscale. Quel est le système pour que cette monnaie circule, et reste un moyen d'échange? Une décote régulière et minime, donc aucun moyen de faire fructifier les monnaies locales. Le Stück n'a pas vocation à enrichir les gens matériellement. Pour qu'une monnaie locale marche, il faut que tout le monde joue le jeu, consommateurs, fournisseurs, et commerçants. Basques, alsaciens, toulousains, renseignez vous et participez à construire une économie responsable, durable et résiliente!

Les banquiers... Nous sommes beaucoup à ne pas les porter dans notre estime, et pourtant, nous leur confions notre argent. La crise de 2008, et bien d'autres scandales ont mis en lumière leur irresponsabilité, leur cupidité et leur folie, et pourtant, encore, nous leur confions notre argent. Comment faire autrement? Là aussi, il existe des solutions. Je viens d'ouvrir un compte courant au Crédit Coopératif, et un compte d'épargne. Le Crédit Coopératif est une banque qui investit dans des entreprises sociales et éco-responsables, mais aussi dans des associations, des fondations et des coopératives qui mettent l'humain au premier plan.

En ouvrant mon compte courant, j'ai choisi une association parmi une vingtaine (Actions contre la faim), à laquelle le Crédit Coopératif versera 6 centimes ou 12 centimes à chacun de mes retraits. Puis j'ai ouvert un livret AGIR (intérêt 1,5% jusqu'à 15 300 euros), où là aussi j'ai choisi une association parmi une soixantaine (Terre et humanisme), à qui je verserai la moitié de mes intérêts. L'argent placé sur ce livret servira à accorder des crédits aux clients du Crédit Coopératif qui oeuvrent pour la plupart dans l'économie sociale et solidaire. Il existe plusieurs autres supports d'épargne, pour répondre aux différentes attentes de chacun.

Une autre banque éthique et éco-responsable donnera bientôt aussi la possibilité d'ouvrir des compte-courants: la NEF. C'est aussi un acteur majeur dans l'économie éco-responsable, c'est d'ailleurs la banque des euros échangés en Stück!

Je me suis renseigné aussi sur les différents moyens pour investir dans l'écologie verte, comment participer à développer les énergies renouvelables? Là, aussi, il y a pas mal de choses intéressantes qui se mettent en place. Un site de crowfunding a particulièrement retenu mon attention: lendosphere.com, et j'ai fait mes deux premières offres de prêt afin de soutenir deux projets d'éolienne d'envergure, un dans le Soissonnais et un autre dans le Tarn. A noter que les gains ne sont pas marginaux! Un autre moyen pour soutenir les énergies renouvelables sera de souscrire au Pass' Vert (l'énergie coop de l'Electricité de Strasbourg, et oui, encore une exception alsacienne).

J'ai donc découvert que j'avais bien des possibilités pour dépenser, et investir mon argent dans des causes qui sont en cohérence avec mes aspirations, et j'en suis très heureux!

Je profite aussi de ce post pour vous parler du film Demain. Ce film m'a motivé, dynamisé. J'ai tellement accroché que je suis retourné le voir une deuxième fois avec toute ma famille. Je me réjouis du succès qu'il connaît et qu'il ait aujourd'hui dépassé les 600 000 entrées. J'ENCOURAGE TOUT LE MONDE A ALLER LE VOIR, SI CE N'EST PAS ENCORE FAIT.

De l'égologisme à l'écologisme, le fric.

Demain est un film pragmatique et plein d'énergie qui proposent des solutions déjà éprouvées pour sauver le monde de la catastrophe écologique. Rares sont les documentaires aussi complets qui ont abordé autant de champs que Demain. En effet, tout y passe: l'agriculture, l'énergie, la politique, l'économie, l'éducation... Cyril Dion et Mélanie Laurent ont réussi leur coup en insufflant une réelle dynamique.

Je n'ai qu'un seul reproche, ou plutôt commentaire à faire sur ce magnifique documentaire. Tout au long du film, les leaders politiques et les grandes firmes multinationales sont montrées du doigt, et à juste titre. Les premiers par leur manque de courage, et leur indépendance vis à vis des seconds. Les seconds par leur soif insatiable de richesse, de "pouvoir", et leur irresponsabilité face à la situation écologique. En parallèle, nous voyons des exemples de réussites à différents niveau: ville, communauté, pays... Mais, moi, je ne me suis pas senti interpelé en tant qu'individu (même sentiment quand j'ai regardé Cash Investigation sur les pesticides cette semaine). Or, c'est pourtant, moi qui décide de travailler pour cette firme, qui décide de consommer les produits de telle firme, qui décide de prendre l'avion ou la voiture, qui décide de placer mon argent dans cette banque, qui décide de placer mon épargne ici, qui décide de voter pour nos leaders politiques. Au final, nous n'avons que ce que nous méritons. C'est trop facile de remettre la faute entière sur nos leaders politiques ou nos patrons, car nous décidons de les faire exister. Je pense que l'écologisme repose avant tout sur une prise de conscience individuelle. C'est un passage inévitable pour que l'on puisse y arriver. Il faut que chaque individu arrête d'attendre des autres, et se remette en question, assume ses choix.

Demain nous prouve bien que toutes les solutions sont déjà là! Pour nous en sortir, à nous de faire bouger les choses!

Ondo izan!

Peio

Présentation

28 Janvier 2016, 22:00pm

Publié par Peio

Mendi Ederrak signifient les belles montagnes en basque. Initialement, ce blog avait pour vocation de partager avec mes joies et aventures dans les montagnes basques et d’ailleurs. Pendant longtemps, j'y ai parlé essentiellement de trail, rando, ski de fond, triathlon… bref de tout ce qui fait mal aux gambettes!

Jusqu'à peu, j'ai cru que le bonheur ne se vivait que sur un chemin de crêtes, ou après une dizaine d'heures d'effort. J'ai cherché des vérités dans ces moments de dépassement de soi, de communion avec la nature, et j'en ai trouvé quelques unes. Au-delà de tous les paysages que je garde enfoui dans ma mémoire, j'ai connu en montagne de grands moments d'amitié avec toute la Team Marmotak (présentation ci-dessous).

Puis, il n'y a pas si longtemps, quelqu'un m'a posé la question: "Toi qui aime tant la montagne, qu'est ce que tu fais pour elle?", et j'ai commencé à cogiter, à réfléchir... Je suis toujours amoureux de la montagne, et j'y vais toujours autant, mais elle a pris une autre place dans ma vie. Elle reste une passion surtout quand elle est basque, mais je ne l'associe plus à une quête, à une lutte, à un but qui définit ma vie, et qui monopolise une grande partie de mon énergie. Elle restera toujours une source d'énergie et d'inspiration.

Aujourd'hui, ce blog aborde donc de nouveaux thèmes chers à un jeune adulte un peu schizophrène, en transition, d'un mode de vie très égologiste à un mode vie un peu plus écologiste. Il répond à mes envies de partager mes doutes, mes peurs, mais aussi des croyances, des convictions et des volontés.

Tout le Team Marmotak à Hendaye, 23 juillet 2013

Tout le Team Marmotak à Hendaye, 23 juillet 2013

Peio

Peio

Pierrot

Toulonnais d’origine, installé à Toulouse avec sa gazelle Steph, Pierrot est passionné d’aéronautique et de course à pied. Il aime se battre contre le chrono sur le bitume autant qu’il prend du plaisir en trail sur les single tracks. Il fait tout à 100%. Sportif complet, il aime aussi la grimpe, le VTT et les raids.

Pierrot, le compétiteur

Pierrot, le compétiteur

Tim

Toulousain d’origine, véritable globe trotter, c’est en quelque sorte l’envoyé spécial de Mendi Ederrak. Il a connu de sacrées aventures aux 4 coins du globe. Tim, avec beaucoup de style, nous narre ses magnifiques voyages, quel délice de lire ses aventures.

Tim, accompagné de Claire comme toujours dans la vie et en montagne!

Tim, accompagné de Claire comme toujours dans la vie et en montagne!

Cam

Auvergnate d’origine, elle vit à Pau où elle assouvit sa passion de la montagne avec son copain Jeff. Pyrénéisme, Escalade et VTT rythment leurs week ends. Ils ont aussi connu des moments forts au Népal ou en Bolivie lors de leurs vacances « sport ». Elle écrit comme elle parle et ses CR sont toujours vivants.

Cam à Itxusi pendant ME

Cam à Itxusi pendant ME

Pilone

Originaire des Alpes, ancien skieur de haut niveau, il vit désormais au Luxembourg, où il partique le Triathlon, la course à pied, et le Trail. Compétiteur hors pair, il répond aussi présent à toutes les aventures qui lui sont proposées.

Pilone, la bestiole

Pilone, la bestiole

Nico Paypay

Pur toulousain, supporter du Stae et amoureux d’aéronautique, il compte maintenant quelques marathons à son actif, mais il ne dit jamais non à de belles virées en montagne ! Ses talents de gestionnaire sont appréciés pour l’organisation de nos aventures.

Nico Paypay, le président

Nico Paypay, le président

De l'égologisme à l'écologisme: COP21 personnelle!

15 Janvier 2016, 20:59pm

Publié par Peio

Merci à tous ceux qui m’ont accompagné dans ma démarche et qui ont accepté de calculer leur bilan carbone.

J’espère que cela n’aura pas été pour vous qu’une perte de temps ! Mais des retours que j'ai eu, ça a alimenté des réflexions donc tant mieux!

Pour les autres, vous pouvez encore faire le calcul jusqu’aujourd’hui minuit et laisser un petit commentaire sur mendiederrak.com (ou plus tard, ou aller sur manicore.org qui vous donnera des infos précieuses sur l’impact de votre mode de vie sur l’environnement).

Demain, je ferai mon don comme promis (bien gonflé par la publication du bilan de Kilian J ), mais c’est loin d’être l’essentiel !

Je n'ai pas fini de calculer mon bilan carbone personnel parce qu'il me manque encore des données sur notre consommation énergétique, mais avec l'outil Jancovici, il devrait se se situer autour de la moyenne nationale soit 2,8 tonnes, peut être un peu plus.

Voilà les objectifs que je me suis fixés jusque fin 2020:

-Réduction drastique de mon kilométrage en avion par rapport aux 5 dernières années, 8000km d'avion maxi par an en moyenne maximum (contre 25 000 je pense)

-Réduction de mon kilométrage en voiture de 25% par rapport aux 5 dernières années (2010-2015), soit 17 500km par an en moyenne maximum (contre 22 000)

-Investir 20% de mon épargne dans la transition énergétique/économie verte

Merci à vous, et encore bonne année 2016 !

Peio

Bada zure harria, zure bihotza

10 Janvier 2016, 16:14pm

Publié par Peio

Gurea pilotalekuan hasi zen. Pilotari eskaini nion denboran ez nuen jakin zein hurbil zintudala, ez ninduzula inoiz bakarrik utzi. Leku guztietan zeunden: nire galtzetan eta zintan, pilotalekuetako armarrietan eta puntu-esatarien kantuan... Baina artean eskuraezina zinen niretzat, azentu okzitaniarra daukan gazte honentzat.

18-20 urte nitueneko garaian, adin onenean, bi urtez zurekin pasatzeko aukera izan nuen Lapurdin. Kostaldearen plazerak gozatu nituen: Baiona txikiko gau alaiak, herriko jaiak eta Angeluko olatuak. Nire bizitzako urte aske eta arduragabeenak izan ziren. Hala ere, artean ez zitzaidan burutik pasa zurengana hurbiltzea, eta, gure hurbiltasuna gorabehera, ez nizun hitz egin.

20 urterekin urrundu nintzen. Frantziako beste muturrera joan nintzen. Alsazian, nire emaztea izango zen emakumea ezagutu nuen, eta bertan elkarrekin bizitzea erabaki genuen. Baina nik ezin izan zintudan ahaztu. Ahal nuenean itzultzen nintzen zu ikustearren.

2009ko abuztuaren egun batean nire bizikleta prestatu nuen eta Iratiko pasabidea igo nuen Donazahatarretik. Aurki, oso sendo bilakatu zen aldapa. Igoera luze eta zaila hasi nuen gelditzeke. Gero, goizeko lainoan, pagoen artean nindoala nire buruaz eta ahaleginaz ahaztu nintzen. Nire gorputza, endorfinez beteta, zorroztu egin zen, eta sentikortasuna ernatu. Une gutxi horietan, metro gutxi horietan, zurekiko nire erlazioa betiko aldatu zen. Sentitu egin zintudan nire baitan. Zerbait berri eta sakona jaioa zen.

Sentimendu hark betetzen ninduen barrutik. Gogoan dut kostatik nireganaino eratzen zen hodei-itsaso zen lainoak besarkatzen ninduela. Ardi-talde baten artean pedalei eragin nien eta halako maitasun sakona sentitu nuen zure mendietarako. Bat-bateko maitemintzea, bati-bat, erakarpen fisikoa da, eta zure mendi berdeen edertasunak, zure belardiek liluratu ninduten.

Harrezkero gau asko pasatu ditut Alsazian zurekin amestuz; egun askotan ere gozatu dut zurekin. Ahunamendiko ilargiaren gailur mistikotik Aizkorrira ibili naiz. Eta denbora asko eskaini diot zu kontenplatzeari; eta horregatik nire zentzu guztiak ernatu ziren.

Baina zure hain aparteko edertasunak bazuen ihes egiten zidan zerbait, nik ulertzen ez nuena. Azkar sumatu nuen zerbait falta zitzaidala. Kontenplazio hura osatugabe zegoen. Hura hain begien bistakoa bezain zaila zen niretzat. Edertasun hark espazioa igaro zuen hitza bihurtzeko, hizkuntza bilakatzeko: Euskara.

Euskara ikasi behar zuen eta hasi nintzen ikasten. Izan ere, zu hitz egiten zaituztenak zeureak hartzen dituzu. Bada zure harria, zure bihotza delako; zu zeu delako.

Hizkuntza bat ikastea (sorrera ezezaguneko hizkuntza) ariketa da, egonarria, ardura eta apaltasuna eskatzen dituen ariketa. Zure berezitasunak ikastea zaildu egiten du. Bi urteren ondoren, nire aurrerapausoak irregularrak dira, motelak. Nire ahalegin onenak gorabehera zaila da oso zu ulertzea. Baliteke zu menderatzea datozen hamar urteetako nire erronka izatea. Baina nire motibazioak gainditzen du frustrazioa. Beti harritzen naute zure arauek, esamoldeek.... Ederra zara. Orduak iragan ditzaket zu irakurriz edo entzunez, nahiz eta oraindik gehiegitxo ulertu ez. Batzuetan bakarrik nagoela ahots gora hitz egiten dut zurekin.

Lan gogorreko bi urteren ondoren fruitu ederrak jaso ditut jada. Saririk onena zure aldekoengandik jasotako irribarrea eta arnasa izan da, partekatutako harrotasuna sentitzeaz gain, pozez gainezka naukana. Asko ikasi dut, ez soilik zutaz, neure buruaz ere bai. Zurea bezalako kultura batean murgiltzeak, hain sustraitutako eta irmokoa izaki, biziki laguntzen du konturatzen gure munduaren hautematearen gaineko eragin kulturalaz.

Frantziakoa naiz. Oso harro egon naiz hargatik duela gutxi arte. Betiko maiteko dut nire herria, ama batek bere semea maite bezala. Pop Kulturako semea ere banaiz. Pilotan jarduten ez nuen garaian Beatles-ak entzuten nituen, edo McDonalds batean jaten nuen Hollywoodeko azken filmetako bat ikusi ondoren. Gure gurasoek hazi ninduten ezeren falta ez nuelako ideiarekin, gehiegitxo baneukan ez zion axola.

Baina ni osatu ninduen Pop eta Frantziako kulturak zuri kalte egiten zizun. 1789an, Frantziak gure gizartearen oinarri garrantzitsuak planteatu zituen, ezinbestekoak. Haien artean, frantziar guztiak berdinak direlako ideia. Eskualdeko identitate-kontua besterik ez nintzen (Euskara ezezik ere Britania, Alzazia, …). Pirinioetako Departamentua sortzen da (Bearn eta Euskal Herriko Iparraldea batzen dituena). Apaizak, zure itaunpenerako eta sostenguetarako garrantzitsu direnak, botatzen dituzte. Gero, 1794an, Euskara nazio-arriskutzat hartzen da.

Gaur egun, nire herrian, bizirik irautea biziki zaila egiten zaizu. Parisek baztertu zaitu, gutxietsi zaitu. Frantziar askoren ustez, zu dialekto hutsa baino ez zara, apur bat politagoa, beharbada, herri txikitako nekazariek hitz egiten duten beste batzuk baino; beste batzuen uztez, aldiz, hildako hizkuntza besterik ez zara. Folklorekoa zara. Gure telebista nazio-emisio ederretan agertzen zara soilik artzain batek bere txakurrari ele egiten dionean, txapeldunak bere txerri beltzei hitz egiten dienean; kasu onenean herri-merkatu txikian agertzen zara.

Bigarren Mundu Gerratik Pop Kultura ezarri zen gradualki industrializatutako herrietan, gure kontsumo-gizartea inbadituz. Zu ezagutzerakoan konturatu nintzen zein alienagarri, izugarri eta arriskutsua den estandarizatutako monolaborantza hau beste kultura batzuen iraupen-bidetarako, zer esanik ez berezko humanitateari eragiten dion kaltea. Uste osoagatik desafiatu nuen gure ohikoari nion atxikimendura, egitea erraza ez dena. Ataka horretan borrokatu nuen Pop Kulturaren erosotasunaren eta Euskara bezalako hizkuntza ederrik ikastean sortutako inspirazio sakonaren artean. Pixkanaka neure burua hezi nuen berriz, nire kabuz pentsatzera eta sufritzen duzun bidegabekeriengatik sumintzera ikasi nuen berriz; ireki egin nintzen. Eta hura guztia nire zoriona eraikitzeko, neure erabakiak hartzeko, erosotasun materialistatik irten eta, arriskua gorabehera, beste bide batzuk hartzeko.

Oraingoz ez nauzu kezkatzen, bada zuk zeuk biziraun zenuen Inperio Erromatarra eta frankismoa. Gaur egun gure kontinente zaharreko hizkuntzarik zaharrena zara. Espainian Historia era desberdinean idatzi delako ez nauzu arduratzen. Gaur, urte ilunen ondoren, biziberriturik zaude. Luzerako egongo zara hor, eta prozesu horretan parte hartzea espero dut beste euskaldun batek bezala. Eskerrik asko guztiagatik. Laster arte!

Itzulpena: Juan Karlos Merino (eskerrik asko)

Ahunamendi, nere Everest.

Ahunamendi, nere Everest.

Notre histoire a commencé sur les cantchas. Tu étais partout: dans mon pantalon et ma cinta, dans l'écusson des frontons, dans le chant des compteurs de point... Déjà, tu m'attirais. Mais tu me paraissais inaccessible, pour moi, jeune homme à l'accent occitan prononcé. Pourtant, en passant tout mon temps libre à taper dans la pelote, jamais, je ne te quittais.

De 18 à 20 ans, au bel âge, j'ai eu la chance de passer deux années chez toi dans le Labourd. J'ai goûté aux joies de la côte: les soirées enivrées au Petit Bayonne, les fêtes de village, et les rouleaux d'Anglet. Les deux années les plus légères et insouciantes de ma vie. Pourtant si proche, je n'ai pas pensé à t'approcher, et je ne t'ai toujours pas adressé la parole.

A 20 ans, je me suis éloigné, et je suis partie chez l'une de tes cousines à l'autre bout de la France. En Alsace, j'ai connue celle qui allait devenir ma femme, et nous avons décidé de rester là-bas pour faire notre vie. Mais, on ne t'oublie pas facilement, et j'ai continué à revenir dans ton pays.

Août 2009, au départ de Saint-Jean le Vieux, j'enfourche ma bicyclette et roule en direction du col d'Irati. Très vite, la pente se raidit sévèrement, j'entame une ascension longue et difficile, sans répit. Dans le brouillard matinal, au milieu des hêtres, peu à peu, je m'oublie dans l'effort, mon corps se remplit d'endorphines, et ma sensibilité s'aiguise. Et, puis, en un instant, en quelques mètres, mon rapport avec toi, va, à jamais, changer. Il aura fallu que je transperce le brouillard pour remonter à la surface de la mer de nuages, que je roule à travers un troupeau de brebis pour tomber profondément amoureux de tes montagnes. Un coup de foudre est avant tout une attirance physique, la beauté de tes vertes montagnes, de tes estives m'a envouté. Depuis, j'en ai passé du temps là haut, du mystique et lunaire pic d'Anie, à l'Aizkorri, à m'adonner à la contemplation, à réveiller tous mes sens, j'en ai passé des nuits, à rêver de toi.

Ta beauté aussi exceptionnelle soit-elle n'arrivait pas à me suffire, et j'ai vite senti qu'il me manquait quelque chose, que je tournais en rond dans cette passion contemplative.

C'était aussi difficile qu'évident. Il me fallait apprendre l'euskara. Parce qu'à juste titre, tu considères ceux qui le parlent comme des tiens. Parce que c'est ta pierre, ton coeur. Parce que c'est toi.

L'apprentissage d'un isolat est un exercice qui requiert patience, assiduité, et humilité. Ta singularité te rend extrêmement difficile à apprendre. Depuis deux ans, ma progression est irrégulière, lente. Malgré tous mes efforts, je peine encore à te comprendre, te parler. Te maîtriser sera sans doute le défi de mes dix prochaines années. Mais la motivation prend le dessus sur ma frustration. Tu me surprends toujours par tes constructions, tes règles... que tu es belle, je peux passer des heures à t'écouter, te lire, sans parfois saisir la moindre chose. Il m'arrive aussi, je dois l'avouer, de te parler, seul, à haute voix.

Après deux années de dur labeur, j'ai déjà récolté de beaux fruits. La plus belle des récompenses, le sourire et les encouragements des tiens qui me remplissent de joie, sentir cette fierté partagée. Puis, j'ai tant appris sur toi, mais également sur moi. Parce que s'immerger dans une culture aussi forte et enracinée que la tienne permet de se rendre compte de l'influence culturelle dans notre perception du monde. Je suis et je resterai français, jusqu'à peu, j'en ai toujours été très fier, et j'aimerais toujours mon pays, comme une mère son enfant. Je suis aussi un enfant de la pop culture. Quand je ne jouais pas à la pelote, j'écoutais les Beatles et où je bouffais au Mac Do après avoir vu les dernières productions d'Hollywood. Mes parents m'ont élevé avec le souci, que matériellement, jamais rien ne me manque, quitte à ce que j'ai trop. Ces deux cultures qui m'ont façonné, t'ont fait extrêmement de mal.

En 1789, la France pose les grands fondements et les principes de notre société, auxquels je suis très attaché. Parmi eux, l'idée que tous les français sont égaux. Il n' est donc plus question d'identité régionale. Le département Basse Pyrénées (regroupant Béarn et Pays Basque) est crée et piloté par Paris, tu perds toute ton autonomie, tes prêtres si importants pour les tiens sont chassés, et en 1794, la langue basque est décrétée danger national. Aujourd'hui, dans mon pays, tu peines à survivre. Paris t'a marginalisé, ringardisé, rabaissé. Pour beaucoup trop de français, tu n'es qu'un patois un peu plus beau que les autres parlé par des campagnards , pour certains, tu es même une langue morte. Tu appartiens au folklore. Dans nos belles émissions diffusées sur les chaines nationales, on t'entend seulement lorsque le berger s'adresse à son chien, ou l'éleveur à ses porcs noirs, au mieux sur un petit marché de village.

Depuis la seconde guerre mondiale, la pop culture a envahi nos sociétés de consommation. En apprenant à te connaître, j'ai réalisé à quel point cette mono-culture pouvait s'avérer uniformisante, aliénante, écrasante, et dangereuse pour la survie des autres cultures mais aussi de l'humanité. Par conviction, j'ai remis en cause mon attachement à celle-ci, je réapprends à m'ouvrir, à raisonner, à m'indigner, à construire mon bonheur, à faire des choix, à sortir de mon confort matérialiste, et me risque à prendre d'autres chemins. Et j'ai trouvé à tes côtés un réconfort et surtout une grande inspiration.

Je ne m'inquiète pour toi qui a survécu au franquisme, à l'empire romain. Tu es la doyenne de notre vieux continent. Je ne m'inquiète pas, parce qu'en Espagne, l'histoire a été écrite différemment et aujourd'hui, après de sombres années, tu revis. Tu seras là encore longtemps, et j'espère y participer! Je te remercie pour tout. A très vite!

Urte berri on denoi!

2 Janvier 2016, 10:21am

Publié par Peio

2015, c'était 94 000 de D+ (63 en vélo, 16 en course à pied, 8 en skating, le reste en rando), 1350km de vélotaff, 500km de vélo urbain, 50 geisswegs, de nouveaux records sur mes chronos à la rothlach et à Obersasbach, un triathlon de folie (lever de soleil à l'Anie, puis sortie vélo Marie Blanque Aubisque Tourmalet Payolle), encourager Kilian et Aritz en haut de l'Aizkorri, une course Petit Pic Grand Pic à l'Ossau qui me restera en mémoire, mais aussi le Carlit, la Cambre d'Aze, le col de Pailhères, le col de la Forclaz, le col des Aravis... La découverte de la Cerdagne, terre de mes idoles, être lu par ses idoles, échanger avec Kilian sur comment sensibiliser les gens à consommer moins et mieux, un week end surprise en Hegoalde mémorable, la domination de Martin, voir Oile Eilar mettre des roustes à des jeunes loups qui pourraient être ses gamins, les deux grands coups de Romain Bardet, quelle classe! Le TDF qui passe à la Pierre Saint Martin, le sourire de PFP... Des progrès considérables en euskara.

2015 restera une année clé dans ma petite existence, une année où je me suis beaucoup questionné (malheureusement, des événements sociaux et persos ont provoqué bien de réflexions). Cette année, j'ai aussi transformé un petit peu mon mode de vie pour être plus en cohérence avec mes préoccupations. Dans cette transformation, je me sens encore parfois un peu schizophrène, mais j'éprouve beaucoup de réjouissances à adopter de nouvelles habitudes, et je me sens beaucoup plus en accord avec moi même. A 30 ans, j'ai réalisé que c'était ces petites choses qui me rendaient heureux.

Lever de soleil à l'Anie

Lever de soleil à l'Anie

Urte berri on denoi!

Urte berri on denoi!

Gero arte!